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QUE SE CACHE-T-IL SOUS UN KIMONO ?

Il y a quelques temps, une personne peu ordinaire a approché Tabitabiya pour une demande, elle, très ordinaire : des conseils pour l’achat d’une ceinture obi.


Marie-Aude est, en effet, une danseuse qui s’aguerrit aux danses du monde, voyageant à travers la planète, pour apprendre, des gens rencontrés, leurs styles de vie et différents univers de la danse. Elle a même vécu au Japon, dans la région du Kansaï, où elle a appris les danses de Bon-Odori 盆踊りet de O-Kagura 御神楽 avec une miko 巫女. Elle fait partager sa passion avec son association « Aux Quatre Vents » que vous pouvez découvrir ici :


Le choix pour le obi s’est finalement porté sur ce superbe fukuro-obi dans des tons de noir, argent et or très chics.


Pourquoi Marie-Aude avait-elle besoin de cette ceinture obi ? Et bien pour pouvoir nouer ce kimono qu’elle souhaite porter pour son stage parisien de Nihon-Buyo 日本舞踊, danse classique japonaise…..



A l’heure où nous écrivons ces mots, Marie-Aude est déjà peut-être en train de transpirer sous l’exercice de ces nouveaux pas de danse…. Elle nous a promis un petit compte-rendu et des photos...on a hâte de tout découvrir n’est-ce pas ?


Comme de nombreux Français, Marie-Aude profite de l’été pour s’adonner à sa passion et continuer à avancer, découvrir, apprendre et s’enrichir… Et oui, c’est ça les vacances aussi ! Du temps pour soi !


Et d’une ceinture obi, au départ, nous sommes parties à la recherche de tous ces petits trucs et machins qu’il nout faut mettre sous un kimono. C’est qu’il y en a des accessoires sous un kimono !


Et bien nous aussi, comme Marie-Aude, profitons de l’été pour apprendre quelque chose de nouveau !


L'art d'enfiler un kimono s'appelle "le kitsuke" 着付け. Quels accessoires nous faut-il pour enfiler un kimono dans les règles de l'art ? Et bien,c’est tout un programme comme vous pouvez le voir avec cette photo qui vous montre tout ce que nous avons cherché pour Marie-Aude.




1) tabi Marie-Claude en possédait déjà mais, pour commencer votre kitsuke, il vous faut d’abord enfiler des tabi blancs, généralement, chaussettes japonaises traditionnelles au gros orteil séparé.

photo de Cédric Vanvelthem



2) Puis, il faut revêtir un hadajuban 肌襦袢, ou vêtement de peau. Il a principalement pour fonction d’aspirer votre sueur, d’où son nom d’ asetori 汗取, pour protéger le nagajuban en soie et donc difficile d’entretien. Ce hadajuban est donc en général dans des matières agréables qui permettent au corps de respirer, comme le coton ou de la gaze. Il peut-être fait d’une seule pièce, le pus pratique et le plus simple pour les débutants, ou de deux pièces, un haut et un bas séparés. Il porte alors le nom de susoyoke 裾よけ et est le plus prisé des experts dans le port du kimono car il permet de nouer son kimono bien serré.


Mais, pour Marie-Claude, nous avons opté pour un hadajuban d’une seule pièce, en coton. Il n'est pas exactement comme celui-ci, mais voilà à quoi ça ressemble.

3) Sur le hadajuban, un nagajuban 長 襦 袢, un sous-vêtement long, viendra préparer le terrain pour l’enfilage et la bonne tenue du kimono. De la même forme que le kimono, ses manches et son col, parfois amovible, seront visibles. Le choix de son nagajuban est important et doit donc être approprié pour le type de kimono choisi, la saison et l’occasion. Il est normalement en soie, d’où son entretien un peu difficile. On en fait aujourd’hui des en matières synthétiques, moins chics mais que l’on peut laver. Ceci est pratique pour ses premiers pas dans le kitsuke et quand on ne sait pas encore très ben dans quelle pièce on souhaite investir de l’argent. Et pour Marie-Claude, qui est danseuse et bouge donc beaucoup, nous avons jugé préférable d’opter pour un nagajuban en fibres synthétiques afin qu’elle puisse le laver sans problèmes.


Beaucoup de nagajuban sont ornés de magnifiques motifs et sont dans de beaux coloris. Ils nous offrent, à l’occasion d’un mouvement du corps, un univers caché qui cache des secrets. C’est un peu la même chose pour les doublures des vestes haori, le Haura.




4) des petites serviettes de toilette qui seront utilisées à des fins de gommage et remplissage des courbes et creux de la silhouette féminine. Depuis l’Ere Meiji, le kitsuke s’attache à créer une longue silhouette droite qui ne correspond pas aux lignes naturelle du corps de la femme. On va donc rembourrer le creux du dos, la taille ou placer une serviette sous la poitrine pour celle qui ont des volumes généreux à cet endroit-là afin de créer une ligne plus droite sur le devant du corps. On aplanit, on aplanit les volumes !



5) Les koshi-himo 腰紐 (littéralement « cordes pour la tailles») sont de fines ceintures légères que l’on noue, tout au long de son kitsuke, pour maintenir le nagajuban, le kimono et le obi en place. On dit qu’il en faut au moins trois. Mais on en a toujours plus, surtout si l’on doit utiliser des serviettes de toilettes que l’on doit maintenir ou que l’on fait des nœuds de obi compliqués. C’est l’accessoire toujours utile. On les utilise aussi pour décider de la longueur du kimono et pour créer le ohashori.




6) Le datejime 伊達締め est une ceinture plate d’environ 10cm, de couleur, en coton, le plus souvent. On la place sur le nagajuban et le kimono pour maintenir les ajustements faits avec les koshi-himo et un peu aplanir ces endroits noués pour un meilleur rendu final avec un meilleur maintien du kimono. Un datejime traditionnel est en soie, mais il en existe, aujourd’hui, en velcro qui sont très faciles à attacher.




7) Une ceinture korin コーリンベルト est nécessaire pour garder le col du kimono en place. C’est un long morceau d'élastique avec des pinces, à chaque extrémité, que l’on va clipper sur les deux côtés du col. Si vous avez une poitrine généreuse, c’est un accessoire dont vous ne pouvez vous passer !




8) Les kimono-clips 着物クリップ sont des pinces pour kitsuke que l’on va utiliser pour pincer les choses, comme le col du kimono ou le obi au départ de son nouage, et les maintenir tout au long de son habillage. Bien sûr, à enlever une fois la tenue réalisée !




9) L’ eri shin 襟芯 est un long morceau de plastique blanc semi rigide que l’on va glisser dans le col du nagajuban pour lui donner une belle forme sans plis. C’est lui qui permettra aussi de donner son maintien au col du kimono et de créer cet arrondi si emblématique au niveau du cou qui dévoile la nuque.



10) L’obi Ita 帯板 ou mae-ita前板 est une plaque semi-rigide et arrondie aux bouts que l’on glisse dans le obi, sur le devant, pour éviter qu’il ne fasse des plis une fois le obi-jime noué sur le obi ou quand on bouge ou se penche.



Beaucoup de personnes fabriquent leur propre ustensile avec un carton semi-rigide qui tient bien.



11) l’ obi makura 帯枕 est un petit coussin enveloppé dans du tissu qui se prolonde sur les côtés en deux longues bandes qui permettent de faire un nœud pour attacher son coussin. Il est utilisé pour créer les nœuds des obi et leur apporter le volume nécessaire à leur forme.



On dit que ce sont les geisha de Fukagawa, les Tatsumi Geisha, dont nous vous avons parlé ici, qui ont inventé cet accessoire incontournable du kitsuke.



12) L’ obiage 帯揚げ est, lui, une ceinture de soie qui sert à cacher l'obi-makura. Il sera passé dans la ceinture obi, puis noué sur le devant avant que son nœud ne soit caché dans le creux du obi. Dépassant légèrement sur le haut du obi, sur les côtés, il vient à merveille compléter l’ensemble kimono et obi.




13) L ‘ obijime 帯締め est une corde tissée, de couleur unie ou de coloris mélangés, qui va contribuer à maintenir le nœud du obi en place et finir de rehausser, de sa touche décorative, l’ensemble kimono-obi-obiage. Pour l’obijime aussi, il existe des rangs de formalités. On dit que plus il est épais et plus il est formel. S’il contient des fils d’or ou d’argent, il sera automatiquement formel.



14) L’ obi dome 帯留め est un bijou dans lequel on fait passer l’obijime pour le décorer. Ce petit bijou pour obi représente à lui tout seul un autre magnifique univers de motifs et de beauté. Certains peuvent coûter très cher car réalisés dans des matériaux nobles. Mais, on peut aussi en trouver, de nos jours, de très jolis en résine.




15) Et bien sûr, pour nous déplacer en kimono, il ne faudra pas oublier notre indispensable paire de zori

photo de Fraise at French Wikipedia [Public domain], via Wikimedia Commons

Voici donc tout ce que nous avons fait parvenir à Marie-Aude pour qu'elle soit fin prête pour son stage de danse :

Avec ces quelques mots de Marie-Aude :

"Le colis est arrivé à bon port, merci !

(et un merci spécial pour les petits stickers et pour le soin tout japonais apporté à l'emballage, cela me change des costumes qui arrivent en vrac d'Inde !)"


Et voilà le résultat pour les premiers pas de Marie-Aude dans l'art du Kitsuke :


Plutôt pas mal, non ?

Et si vous aussi, comme Marie-Aude, vous avez besoin d'aide pour acquérir vos accessoires pour kimono et vous essayer à l'art du kitsuke, n'hésitez pas à contacter Tabitabiya !


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