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LE OBI POUR FEMME, UN MONDE TOUT EN DECLINAISONS

Délices pour les yeux et le toucher, Le monde des obi pour femme est composé de toute une gamme de variations de formes, de matières, de couleurs et de motifs. Il est d’une richesse infinie dont on finit par tomber amoureux!

Il aura inspiré jusqu'au monde des estampes :

Komatsuzaki Kunio - Obi aux papillons  estampe japonaises issue du blog de Serge  Astières  (Merci encore, Serge, pour ce partage!)  https://sites.google.com/site/estampesjaponaises/4-moderne/estampes-  japonaises-komatsuzaki---obi-papillon

Komatsuzaki Kunio - Obi aux papillons

estampe japonaises issue du blog de Serge Astières

(Merci encore, Serge, pour ce partage!)

https://sites.google.com/site/estampesjaponaises/4-moderne/estampes-

japonaises-komatsuzaki---obi-papillon

On dit qu’à un style de kimono, on peut assortir 3 sortes d’obi!

Mais pour bien choisir son obi, il faut d’abord en connaître les règles d’usage en fonction de l’occasion. Les degrés de formalités pour le port d’un obi sont au nombre de 5 :

Seisou (Reisou) 正装 (礼装) : très formel 

Jun reisou 準礼装 : formel 

Ryaku reisou 略礼装: semi-formel 

Gaishutsugi お洒落着: informel 

Fudangi 普段着: très informel

Et de quelles parties se composent un obi?

Il y a le :

Tesaki 手先: partie avant

Dômawari 胴回り : partie sans motifs (40% de l'obi)

Rokutsu gara 六通柄 : partie avec motifs qui représente 60% de l'obi (par oppposition au dômawari)

Zentsugara 全通柄 : lorsque les motifs recouvrent la totalité de la face avant du motif

Taresaki たれ先 : partie arrière

kaikirisen 界切り線 : ligne finition du tissage

Otaiko お太鼓 : partie visible lorsque l'obi est noué (taiko musubi)

plan pour un nagoya obi issu du blog de clacca

source de l’image : blog de clacca

http://clacca.blog.fc2.com/blog-entry-1363.html

plan pour un fukuro obi issu du blog de clacca

source de l’image : blog de clacca

http://clacca.blog.fc2.com/blog-entry-1363.html

Mais saviez-vous qu'il existe autant d'obi ?

LE DARARI OBI だらり帯 très formel / porté par les maïko, apprenties geisha


Certainement le plus emblématique des obi car il habille le dos des petites maïko dont la vue nous ravit toujours.


Le darari obi est un maru obi d’une longueur de 6m porté par les petites apprenties geisha et arbore, à l’une de ses extrémités, à l’arrière, le taresaki, les armoiries de l’okiya (置屋, maison de geisha) à laquelle elle appartient le temps de son contrat. Cette longueur est nécessaire pour réaliser le darari musubi, le nœud darari, dont les extrémités vont pendre dans le dos de la maïko, des omoplates aux mollets. Aujourd’hui, les darari obi sont si rares que, lorsqu’ils arrivent sur le marché de l’occasion, souvent dans un état bien fatigué, ils partent toujours au prix fort. Mais ils sont magnifiques, n’est-ce pas ?

Maïko portant un darari obi de soie vert et de brocart d'or

photo issue de : http://maikoclub.com/月刊・京の舞妓さん11月号



Isoda Mataichiro - Scène de neige à Kyoto

Autre estampe nous montrant une maïko et son darari obi, empruntée au fabuleux blog de Serge Astières sur les estampes japonaises


Isoda Mataichiro - Scène de neige à Kyoto


source de l'image :

https://sites.google.com/site/estampesshinhanga/isoda-mataichiro/isoda-mataichiro-maiko-in-snow

















LE MARU OBI 丸帯 très formel / porté par les mariées et les maïko


Un obi qui aura marqué les époques Meïji 明治時代 Meiji Jidai (1867-1912) et Taïshô 大正時代 Taisho Jidai (1912-1926). D’une élégance extrême c’est le plus formel des obi. D’une largeur moyenne de 32cm, il peut atteindre une longueur maximale de 4m50. Outre le fait d’être richement décoré de brocart ou broderies sur toute la longueur de ses deux faces, il a la particularité d’être fait d’une même pièce que l’on replie en deux, d’où son poids très lourd et sa rigidité qui rendent son pliage très fastidieux. Seule une main experte saura le nouer avec dextérité.


Notons également pour aller un peu plus loin, que d’autres obi décorés sur un de leurs côtés seulement peuvent être classés comme maru obi en raison de leur mode de confection identique à celui décrit plus haut. En d’autres mots, eux-aussi sont constitués dans une seule pièce plus large que pour les autres obi, repliée en deux sur toute la longueur et cousue d‘un seul côté seulement. Habituellement, ils comportent des broderies appelées tsuzure 綴れ.


Comme nous l’avons dit, les maru obi anciens sont très appréciés pour la patine de leur fil d’or et de leurs broderies. Le prix et le poids incommodant d’un maru obi font qu’il est aujourd’hui tombé en obsolescence. Il est rarement porté. Mais, à TABITABIYA, qu’est-ce qu’on aime les toucher!


Festival de darari et maru obi en des temps plus anciens et plus récents :

Geisha et Maïko, portant des darari et maru obi, au bord de la rivière Kamo, à Kyoto, début du 19ème siècle

Geisha et Maïko au bord dela rivière Kamo, à Kyoto,début du 19ème siècle

Photo issue de : http://entermeus.com/58736/

Geisha et Maïko portant darari et maru obi

Geisha et Maïko à Kyoto arborant darari et maru obi

photo issue de : https://rlx.jp/magazine

Pour retrouver nos maru obi en boutique : https://www.tabitabiya.com/shop

LE FUKURO OBI 袋帯 formel


Celui-ci est moins formel qu’un maru obi et plus récent puisqu’il fut créé dans les années 1920 de l’ère Showa 昭和時代 Showa Jidai (1926 - 1989). Lui-aussi est assez grand, sa largeur faisant 30cm et sa longueur atteignant 4 à 4m20. De même qu’un maru obi, un fukuro obi peut être décorée sur tout le recto, son verso est, lui, fait d’une pièce de soie unie. On parle alors de zentsû obi. Ou bien, il est décoré sur les 60% de sa face extérieure seulement, il est alors appelé rokutsû obi. Les 40% non décorés de la surface ne seront pas visibles une fois le obi noué.


Il nous faut encore faire une autre distinction entre le hon-bukuro et le nui-bukuro, le premier étant considéré comme d’une qualité supérieure à l’autre. Lorsque le fukuro obi, en respectant ses particularités, est fait dans le même tube de tissu qui ne comporte aucune couture, et ne peut donc être décousu, il s’agit d’un hon-bukuro. S’il est, au contraire, constitué de deux pièces de tissus cousues ensemble des deux côtés sur toute la longueur, on parlera de nui-bukuro, « nui » voulant dire « couture »., ce qui le rend plus léger et plus confortable. Il reste néanmoins un accessoire habillé et se porte à l'occasion de cérémonies et de soirées.


Pour retrouver en boutique nos fukuro obi : https://www.tabitabiya.com/shop






LE SHARE-FUKURO OBI 洒落袋帯 formel à informel


Il possède les mêmes caractéristiques que le fukuro obi à l’exception de ses motifs qui sont moins traditionnels, plus osés et ludiques. Oshare お洒落 veut dire « à la mode ». il est moins « formel » que le fukuro obi et peut se porter avec des kimono moins formels eux-aussi.


LE NAGOYA OBI 名古屋帯 semi formel à informel


Moins formel que ceux cités précédemment, il est aujourd’hui très prisé car plus simple, plus léger et très pratique. Il possède deux largeurs, environ 15cm pour la partie la plus étroite, et 30cm pour la partie la plus large, et c’est cette forme en L qui le différencie des autres, un domawari et un otaïko. Sa longueur est plus courte également, en général 3m60, et moins de 4m dans tous les cas. On l’appelle aussi 九寸名古屋帯 kyussun Nagoya obi.


Il possède une histoire particulière qui participe du mouvement de l’émancipation des femmes. Jusqu’à la période Meiji, les femmes n’avaient guère le choix pour se vêtir. Toutes habillées en vêtements japonais traditionnels, elles ne pouvaient utiliser pour les nouer que des maru obi ou des chūya obi. Ils étaient vraiment peu commodes et très difficiles à nouer. Il fallait bien du temps et des muscles pour s’habiller tous les matins. Cela représentait un frein pour le développement dans la société du travail des femmes. Comment pouvaient-elles, ainsi embarrassées par leurs vêtements, rivaliser avec les hommes qui n’avaient pas ce problème, eux, et jouer socialement et économiquement un rôle plus grand? Haruko Koshihara, qui fonda l’école des filles de Nagoya en 1915 (An 4 de l’ère Taïshô) eu l’idée de ce Nagoya obi afin de réduire le temps que devaient passer les femmes à s’habiller pour réaliser en un clin d’oeil le nœud taïko avec la partie la plus large de la ceinture. Son côté pratique fait qu’il fut vite adopté partout au Japon car parfait pour accomplir les actes du quotidien. A noter également que Haruko Koshihara fut aussi la première femme à siéger à la Chambre des Représentants.


Selon les couleurs et motifs arborés, il peut être assez élégant et porté dans des contextes semi formels. Mais désigné à être utilisé pour le quotidien, il ne peut venir accompagner les tenues de cérémonie.


Pour retrouver nos Nagoya obi en boutique : https://www.tabitabiya.com/shop




LE FUKURO-NAGOYA OBI 袋名古屋帯 semi formel


Il est aussi appelé 八寸名古屋 hassun Nagoya obi et se différencie du Nagoya obi par le fait qu’il possède une largeur de 30 cm sur pratiquement toute sa longueur. Seul le tesaki va se retrouver bisoté en pointe comme vous pouvez le voir sur cette photo issue du blog de https://kino-maemusubi.jimdo.com/:


FUKURO NAGOYA OBI 袋名古屋帯 八寸名古屋 hassun Nagoya obi

LE HAKATA OBI 博多 帯  semi formel


Son nom vient de la région d’Hakata, dans la préfecture de Fukuoka. C’est là qu’il est principalement tissé. Ce textile de soie tissée très serré en fait un élément très rigide, très apprécié pour sa texture de gros grain, et sa capacité à ne pas glisser fait qu’il est idéal pour un bon maintien en place.


En l’An 1241 de l’ère Kamakura, Mitsuda Yazaemon, qui avait passé 6 ans dans la Chine de la dynastie des Song, rentra à Hakata où il enseigna à ses pairs les techniques de tissage qu’il avait apprises là-bas, le “kara-ori” 唐織, tout en y ajoutant des innovations techniques de son crû. 250 ans plus tard, un descendant de la famille, Hikabusabu, partit à son tour. A son retour au pays, il améliora les techniques apprises et développa ce que l’on appelle le Hakata-Ori. Si l’on visite la page du site officiel du syndicat des usines de Hakata-Ori, on peut voir que ce tissu de soie ne sert pas qu”à la confection d'obi, mais aussi d’autres objets pour la réalisation desquels il est nécessaire d’utiliser un textile plus épais comme, par exemple, des sacs.

http://www.hakataori.or.jp/index.html

Son motif, désigné sous le nom de Kenjo-Gara 独鈷, s’inspire d’outils traditionnels bouddhiques. Et bien que le noir et le blanc soit une combinaison de couleur très courante pour un Hakata obi, il est décliné dans bien d’autres combinaisons. 5 des couleurs dans lesquelles la soie est tissée sont directement inspirées du Confucianisme et de sa théorie des 5 couleurs symboles du bois, du feu, de la terre, de l’or et du feu. Le pourpre est symbole de droiture, le vert de bienveillance, le rouge et le rose de convenance, le jaune de confiance et le bleu de sagesse. Pour en savoir un peu plus sur le Kenjo-Gara, reportons-nous à ce lien :

http://www.shop-japan.co.jp/english-boku/kenjou.html


Considéré comme trop terne et décontracté par la plupart des femmes, ce sont les geisha qui lui ont donné ses lettres de noblesses et en ont fait un obi porté avec style. Une tenue d'un chic inégalable!


La geisha Matsuka 松香 et un Hakata obi


La statue de cette célèbre geisha d’Hakata, Matsuka

松香, qui prend la pause avec un Hakata obi, peut être vue devant la gare de la ville d’Hakata.

Source de l’image:

http://blogs.yahoo.co.jp/rrnwy297/56399062.html


























L’autre jour, la serveuse du restaurant kaïseki de notre quartier arborait un très joli Hakata obi avec un nœud taïko.


Pour retrouver nos Hakata obi en boutique : https://www.tabitabiya.com/shop


HAKATA-ORI OBI