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AVEC LES BEAUX JOURS, VOILA LE RETOUR DU KAKIGORI !

Le Tsuyu (梅雨=la saison des pluies) est là, en avance sur la saison. La chaleur du mois de mai l’annonçait déjà. Depuis, impossible vraiment de prévoir quand tombera la pluie et de profiter du dehors…Du coup, je me dis qu’on a vraiment bien fait de faire notre kakigori party la semaine dernière!


Le kakigori, vous savez, ce dessert fait de glace pilée arrosée de sirop de fruit qui rafraîchit les journées moites et insoutenables de l’été japonais. Cette petite montagne de fraîcheur est en effet un incontournable de la saison chaude au Pays du Soleil Levant. Aimé des petits comme des grands, on le trouve partout! Dans la rue, les « kombini » (de l’anglais « convenience store »), dans les cafés, les restaurants et, surtout, dans les matsuri (fêtes de quartiers), où il fait le bonheur des enfants.


Oui, mais depuis quand ? Après quelques petites recherches, on apprend que les origines de ce dessert, devenu aujourd’hui l’un des plus populaires, restent assez obscures somme toute. L’une des premières références que l’on trouve à son sujet est cachée dans les pages de « Les Notes de chevet » (枕草子, Makura no sōshi), le très célèbre roman de Sei Shonagon, écrit à l’Epoque Heian, vers le 11ème siècle. D’ailleurs, il y a un livre qui s’appelle « Sei Shonagon mo kakigori o tabete ita: Kurashi to shakai » (清少納言もかき氷を食べていたm暮らしと社会), ou « Sei Shonagon aussi mangeait du kakigori ».

La glace étant un matériau de luxe difficile à se procurer, il resta jusqu’à l’Ere Meiji une gâterie pour les nantis. Mais, un jour, Kahe Nakagawa, qui était dans l’industrie alimentaire, réussit à faire transporter de la glace d’Hakodate (Hokkaïdo) à Yokohama. De là, l’accès à la glace se démocratisa, le premier magasin de Kakigori ouvrit en 1872, à Yokohama, dans le quartier de Bashamichi, suivirent la création d’une machine à glaçons et d’une machine à piler la glace au début de l’Ere Showa, dans les années 30. Et petit à petit, tout le monde put se permettre de goûter à ce plaisir...


Personnellement, je n’ai succombé à son charme que très récemment. Franchement, je n’étais pas fan de ces sirops fluorescents où rien ne semble, comment dire, naturel, et de ces glaçons qui se transformaient vite en tristes icebergs flottants dans une mer aux couleurs peu ragoûtantes...Pour moi, c’était vraiment le plaisir des enfants à la matsuri, de la même manière que, nous, petits, nous mangions notre barbe à papa à la fête. C’était sans compter les kakigori aux sirops de fruits frais et à la glace toute ふわっふわ(fouafoua), fine et légère comme de la neige tout fraîchement tombée du café japonais Hokusaisabo 北斎茶房, à kinshicho, dans l’arrondissement de Ryogoku.


Haa, quel heureux retour de vacances en France cette année-là! D’ailleurs, leur kakigori au sirop d’abricot fut mon gâteau d’anniversaire. Et en plus, la matsuri du quartier battait son plein juste à côté! Ce qui était d’autant plus appréciable quand on connaît l’esprit populaire qui reste encore bien vivant dans ce coin de Tokyo.


En tout cas, la finesse de la glace et la qualité du sirop avaient su faire la différence et me convertir.C’est cette qualité qu’on voulait retrouver pour notre kakigori party. Et victoire! Les sirops de fruits frais , et bio!, de chez てくてく (Tekuteku) nous attendaient! Un vrai régal, avec un faible particulier pour celui à l’abricot et celui à la fraise et à la framboise.


Mais, organiser une kakigori party, c’est du boulot! Quid de la glace et quid de la machine à piler la glace ? Du boulot, oui, mais l’expérience fut sympa car elle a permis de renouer avec ce petit business commencé par Nakagawa. Si le kakigori en lui-même est une star, les coulisses de son commerce passent aujourd’hui inaperçues, et c’est vraiment pas souvent, voire jamais, qu’on se dit : « Tiens, je vais aller chez le marchand de glace (氷商) du coin! » Ca permet de découvrir un nouvel aspect des choses, c’est vrai...


Nous, on est allés chez Fubushima 毒島氷室.

Et, bien sûr, on a acheté l’instrument de torture

pour couper le bloc!

Pour la machine à piler la glace, nous avons fait appel à かき氷機レンタル専門店 . Et on peut voir sur la page d’accueil que les souvenirs et expériences de l’enfance tracent des chemins et suscitent des vocations. Madeleine de Proust, quand tu nous tiens! Et là, bonheur encore! On a pu se procurer la machine à piler la glace des premiers temps ou presque...ou du moins une machine au charme délicieusement rétro qui permet de faire illusion.




Depuis quelques années, les cafés chics se sont emparés du Kakigori. Les magasins se sont multipliés et tous rivalisent de recettes originales plus inventives et savoureuses les unes que les autres. D’ailleurs, on vient de voir que Hokusaisabo offre maintenant un sirop frais au kiwi! Malheureusement, c’est un peu loin de la maison. Alors, quand la saison est de retour, on ne peut s’empêcher de retourner chez Funabashi Koyomi 舟橋こよみ, près de la gare d’ Hiroo.




En 2005, Funabashi Koyomi a fêté ses 200 ans avec l’ouverture de son café où on peut, au deuxième étage, déguster tous les desserts japonais qui ont fait sa renommée, dont le fameux kuzu-mochi, et des kakigori fabuleux. Mon préféré, c’est celui au macha d’Uji et à l’azuki, parfum classique mais dont je ne me lasse pas.


Le magasin ferme à 5H et il y a souvent la queue. Vaut mieux ne pas arriver trop tard sous peine de ne pas pouvoir être servi!


Fatigante, la Kakigori party! Mais, ce fut sympa de renouer avec cette tradition japonaise un peu plus en profondeur. A refaire sans hésitation et à consommer sans modération!

@TABITABIYA

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